Bonjour bonjour ! J’ai lu il y a quelques mois le livre de Carol Dweck « Changer d’état d’esprit – Une nouvelle psychologie de la réussite » (en anglais « Mindset »).

J’ai été très inspirée par ce qu’elle explique de ses décennies de recherche en psychologie. Elle démontre l’impact majeur de la mentalité sur la réussite. Elle propose à la fois des prises de conscience et des clefs pour changer de mentalité.

J’ai donc décidé d’en faire un résumé de ce que j’ai retenu et de ce qui m’a marqué. J’en profiterai pour faire, à la fin, un petit pont avec la Communication NonViolente. Bonne lecture !

L’essentiel du message de Carol Dweck

L’être humain peut-il changer, évoluer, croitre, apprendre, ou pas ?

Ce que dit la science : oui, le cerveau est plastique, les compétences s’apprennent, l’évolution fait partie de notre nature. Même si certaines personnes ont des dispositions évidentes dans certains domaines au départ (musique, sport, science, lettres, intuition, empathie, leadership, etc.), la science est également arrivée au consensus que le talent seul ne suffit pas. La pratique et l’entrainement sont indispensables pour arriver à un certain niveau de performance. 

Ce que dit également la science : notre état d’esprit, nos croyances ont un impact considérable sur notre capacité à changer, évoluer, apprendre, progresser. Par exemple, même si nous avons tou·tes le potentiel pour évoluer dans tous les domaines, si nous avons une croyance qui dit « l’intelligence est fixée », « je suis nulle en maths », « moi je ne sais pas dessiner », alors nous n’évoluerons pas dans ce domaine. Autrement dit, nos croyances sont comme des prophéties auto-réalisatrices : ce que l’on croit profondément se réalise.

Les deux extrêmes : mentalité fixe et mentalité de développement

Carol Dweck, professeure de psychologie à l’université américaine de Stanford, est spécialiste de l’apprentissage. Elle a passé plusieurs décennies à étudier l’impact de l’état d’esprit, de la mentalité, des croyances, sur la réussite des gens, dans de nombreux domaines (écoles, universités, entreprises, relations, etc.). Elle a identifié deux cas extrêmes de mentalités : la mentalité fixe et la mentalité de développement (ou de croissance, ou d’évolution).

Là où l’on a une mentalité fixe (globalement dans sa vie, ou bien dans un domaine en particulier), on croit qu’on nait (ou pas) avec une certaine qualité ou un certain talent, et qu’on est donc doué pour quelque chose (ou pas). 

Par exemple, une personne avec une mentalité fixe dans ses études dira : « moi je suis nulle en sport mais par contre je suis forte en maths ». Ou encore, une personne avec une mentalité fixe dans le domaine émotionnel / relationnel dire « moi je suis colérique, c’est comme ça, il faut faire avec, par contre je suis très franche et sincère ». Etc.

Là où l’on a une mentalité de développement (de manière globale dans sa vie, ou bien seulement dans certains domaines), on croit qu’avec du travail, de la pratique et des efforts on peut apprendre de nouvelles choses et évoluer.

Par exemple, une mentalité de développement en dessin pourra nous amener à dire « je ne sais pas peindre, je vais m’inscrire à un cours d’aquarelle pour apprendre ». Si c’est dans le domaine relationnel, on pourra dire « je n’ai pas apprécié me mettre en colère contre mon amie l’autre jour, j’aimerais vraiment apprendre à faire autrement, je vais aller chercher du soutien pour évoluer ».

Nos mentalités façonnent qui nous sommes et comment nous apprenons, changeons, évoluons

Les travaux de Carol Dweck et son équipe ont montré que l’impact de ces mentalités est absolument majeur. Voici rapidement le résultat de plusieurs décennies de recherche : 

  • Les personnes qui ont globalement une mentalité d’évolution ont une vie de croissance, de développement. Elles acquièrent des nouvelles compétences à tout âge. Elles s’autorisent à apprendre de nouvelles choses. Aussi, elles sont engagées dans leurs relations d’une manière dynamique. Elles font des efforts pour apprendre et construire l’harmonie et le bien-être relationnel.
  • Par contraste, les personnes qui ont une mentalité globalement fixe ont un développement qui est freiné ou empêché. Par exemple, après un échec à un examen ou un projet, ces personnes abandonnent. Ou encore, elles sont dans le déni ou bien peuvent accuser les autres (ou elles-mêmes). Dans leurs relations intimes elles pourront rêver à l’amour éternel sans pourtant faire d’effort pour construire leurs relations.

Quelques petites choses à dire avant d’aller plus loin

Avoir une mentalité fixe, ce n’est pas mal. La plupart d’entre nous ont été éduqué·es ainsi, donc c’est très courant, on peut se détendre tout de suite ! Il ne s’agit pas ici de dire « ça c’est bien, ça c’est mal », mais juste d’expliquer les conséquences des deux mentalités, afin que chacun·e de nous puisse choisir en conscience. Et si on choisit de rester en mentalité fixe dans certains domaines, pas de souci. On est juste au courant des conséquences possibles sur notre évolution.

Si on le souhaite, il est possible de transformer une mentalité fixe en une mentalité d’évolution. En effet, une fois que l’on a compris comment on repère les deux mentalités, on peut petit à petit discerner nos propres comportements, observer nos réactions, notre langage, et modifier tout cela pour s’aligner sur une mentalité de développement. Autrement dit, même nos croyances et nos mentalités peuvent évoluer, comme le reste de nos qualités.

Il est assez courant d’être en mentalité fixe dans certains domaines, et en mentalité de développement dans d’autres. Après avoir lu jusqu’au bout, exercez-vous à repérer dans vos vies les domaines dans lesquels vous croyez à l’idée d’un « talent naturel » ou de « capacités innées », et les domaines dans lesquels vous croyez à l’idée de « faire des efforts » ou « travailler dur pour progresser ». 

Lien avec d’autres thèmes abordés dans ce blog

Personnellement, quand j’ai lu les travaux de Carol Dweck, ça a énormément résonné avec toute la littérature spirituelle-développement personnel sur la loi de l’attraction, qui dit en substance : « mes croyances façonnent mon expérience ». Ça a fait sens immédiatement et j’avoue avoir été hyper contente de voir que Carol Dweck, avec une méthode scientifique et des décennies de travaux de recherche, arrive à démontrer cela pour la question des mentalités fixe / d’évolution. Si cela vous parle, je vous invite à aller lire la série de billets sur la loi d’attraction.

Conséquences concrètes dans nos vies

La croyance de base et comment elle influe sur notre vision de nous (et des autres) 

En mentalité fixe, on dira « le talent est inné, l’incompétence aussi, et tous les degrés intermédiaires aussi, certaines choses n’évoluent pas ». Cette croyance donne naissance à une vision du monde particulière, qui dit que « ce que je fais ou que je produis est à l’image de mes compétences / incompétences et qualités / défauts : si j’ai fait bien, moyen ou mal, alors ça veut dire que je suis intrinsèquement bonne, moyenne ou mauvaise dans ce domaine, et c’est ainsi ».

En mentalité de développement, on dira « je peux progresser là où je décide, si j’y mets suffisamment de travail, d’engagement, d’efforts et de persévérance ». Cette croyance donne naissance à une autre vision du monde, qui dit que « ce que je fais ou produis aujourd’hui est le reflet de là où j’en suis aujourd’hui : les choses bien reflètent mes points d’appui, les choses nulles reflètent mes zones d’amélioration ».

Le système de motivation utilisé et ses conséquences

Ce que je nomme système de motivation, c’est le circuit de récompense que l’on va utiliser : qu’est-ce qui nous fait du bien, nous donne de la joie et du contentement, nourrit l’estime de soi, nous met en mouvement et nous motive.

Mentalité fixe

Les travaux de Carol Dweck révèlent que là où l’on trouve la mentalité fixe, le système de récompense est externe. Il repose sur les évaluations, les jugements, compliments et critiques (les miennes ou celles de mes éducateur·ices). Tout ceci forme un vaste système d’étiquettes fixes et descriptives de qui je suis : forte en maths, réservée à l’oral, hypersensible, maladroite, etc.

La recherche de récompense, pour nourrir à la fois ma motivation et mon estime de moi, est ainsi une recherche de validation externe : compliments, félicitations, approbation, valorisation, reconnaissance.

Ainsi, ma motivation est extrinsèque : elle n’est pas en moi, mais elle repose sur la recherche de validation et valorisation à l’extérieur. Les conséquences d’une motivation reposant sur la recherche de reconnnaissance extérieure sont multiples :

  • Évitement de la difficulté et des risques au profit de tâches faciles qui assureront des compliments et de la valorisation
  • Ne pas oser poser des questions de peur d’avoir l’air bête ou de révéler notre incompétence
  • Détournement de la joie d’apprendre pour se focaliser sur le système de récompense (la « bonne note » ou le compliment de l’enseignant·e devient plus important que l’apprentissage en lui-même)
  • Remise en cause personnelle en cas de difficultés, effondrement en cas d’échec

Tout ceci peut finalement conduire à restreindre nos possibilités d’apprendre, en restant dans une zone de confort, en oubliant l’apprentissage en lui-même au profit de garder une bonne estime de soi.

Mentalité d’évolution

Côté mentalité de développement, les travaux de Carol Dweck montrent que le système de récompense est interne : c’est la satisfaction d’apprendre, d’évoluer, de travailler dur, d’être engagé·e qui apporte de la joie aux enfants et adultes.

La motivation est interne. Il n’y a plus de comparaison ou de jugement externe, l’évaluation se fait par repères internes : les personnes en mentalité de développement parleront de leurs efforts, de leurs progrès sans se comparer à un absolu.

Le système de feedback est alors basé sur la mesure du cheminement : comment la personne a évolué, quels sont ses acquis, les efforts effectués, les zones d’amélioration.

Ainsi, la motivation est intrinsèque : elle repose sur la recherche d’une récompense personnelle, le goût de l’effort, la recherche du challenge, la joie d’évoluer et d’apprendre. Tout ceci est extrêmement favorisant pour l’apprentissage et l’évolution, tout comme pour l’estime de soi et la résilience face aux difficultés et échecs, comme on va le voir ensuite.

Deux visions différentes des échecs

On trouve aujourd’hui dans la littérature de développement personnel et de réussite énormément de textes et d’histoires en faveur des échecs. Quelques titres éloquents : « Comment réussir à échouer », « L’art d’échouer », « Essaie encore, échoue encore, échoue mieux », « Echouez si vous voulez réussir », etc.

Les travaux de C. Dweck mettent en évidence des différences marquantes entre les visions et réactions des personnes en mentalité fixe ou d’évolution, et aide à voir les échecs sous un oeil favorable. Elle donne notamment des tonnes d’exemples inspirants de personnalités (que nous connaissons aujourd’hui pour leur succès) qui ont énormément échoué (Michael Jordan, Thomas Edison par exemple).

Mentalité fixe

En mentalité fixe, ma croyance est « ce que je fais révèle ce que je vaux », donc un échec est absolument dramatique. En effet, un échec décrit alors mon absence de valeur, mes failles, mes limitations.

Comme la mentalité fixe ne permet pas d’imaginer changer ou évoluer, cela peut être une catastrophe pour l’estime de soi. Cela peut toucher les gens très profondément, avec de la honte par exemple, ou une douleur intense. Des stratégies doivent alors être mises en place pour éviter de ressentir cela :

  • Éviter les échecs à tout prix, ne pas prendre de risque, éviter les challenge ou les difficultés
  • En cas d’échec malgré tout, se trouver des excuses, tricher, accuser les autres, mentir, refuser l’échec d’une manière ou d’une autre
  • En cas d’échec imprévu, se détourner du domaine, dire « ce n’est pas pour moi »

Ces stratégies sont essentiellement au service de la préservation de soi, pour éviter de ressentir profondément des émotions inconfortables comme la déception, la douleur, la tristesse ou la honte. Et en même temps, leurs conséquences ne sont pas géniales pour soi ou les autres. En effet, elles ne permettent pas d’aller demander de l’aide. Elles ne permettent pas non plus de prendre nos responsabilités, et annihilent toute chance d’évolution et de progrès. 

Mentalité d’évolution

En mentalité de développement, la croyance est que « ce que je fais révèle là où j’en suis aujourd’hui ». Un échec peut donc au contraire être perçu comme une formidable occasion d’apprentissage. L’échec donne en effet un retrour d’information (feedback) que quelque chose a merdé quelque part.

Avec un peu d’investigation et de chance, l’échec permet de révéler une ou plusieurs zones de changement ou d’amélioration nécessaires. L’échec est donc perçu comme une opportunité d’apprentissage. On peut ainsi voir de la gratitude d’avoir de l’information, savoir où concentrer nos efforts pour réussir.

En mentalité de développement, on apprécie avoir des retours négatifs. Si quelque chose ne marche pas, on aime autant être au courant tout de suite. Face à un échec, de telles personnes n’hésiteront pas à aller demander de l’aide, du soutien ou des conseils à des personnes plus expérimentées.

Au sujet de la honte, les travaux de Brené Brown nous révèlent que ces personnes oseront aller parler de leurs échecs à leurs proches. Elles sauront mieux traverser leurs émotions, et continueront à nourrir de l’estime, de la bienveillance et de l’amour pour elles-mêmes.

Les travaux de C. Dweck ont aussi révélé que les personnes en mentalité de développement avaient une capacité à remettre les choses en perspective. Alors qu’en mentalité fixe un échec remet tout en cause, en mentalité de développement on conserve ses points d’appui, ses succès passés, ses compétences, la confiance en soi et l’estime de soi. L’échec est vu pour ce qu’il est : lié à un instant donné, à des circonstances particulières.

C’est la même chose pour les difficultés

A ce stade vous êtes sans doute capable d’imaginer ce que nous disent les études de Carol Dweck et son équipe : notre mentalité a une grande influence sur notre façon d’envisager les difficultés et d’y réagir.

Si les difficultés se présentent dans un domaine où je suis en mentalité fixe, et bien… c’est difficile. Rappelez vous que je crois alors que le talent est inné, donc si les choses sont difficiles et je dois faire beaucoup d’efforts, ça doit vouloir dire que je ne suis pas très douée.

De plus, il est assez risqué de persévérer dans l’effort : si au final ça ne marche pas il est plus facile d’arrêter tout de suite et de dire « ce n’est pas pour moi » plutôt que « j’ai fait des efforts de folle et j’ai échoué » (rappelez-vous comment on vit un échec en mentalité fixe). 

Au contraire, si j’ai la chance d’être en mentalité de développement dans ce domaine, j’ai accès à plus de ressources internes, car je peux me dire « ok, c’est difficile, je n’ai pas encore beaucoup de compétences ici, ça va être un sacré challenge pour moi, j’ai envie de faire l’effort et d’aller au but ; même si j’échoue j’aurais appris des trucs et ça aura été une sacrée aventure ».

Ce genre d’attitude mentale me permet de sortir de l’impuissance et de reprendre mon évolution en main : si je sais ce que je veux et quels sont mes objectifs, je peux travailler dur, faire des efforts pour progresser vers mes buts. Et je suis au courant que les difficultés me permettent de développer des qualités, notamment d’effort et de persévérance, et bien d’autres.

Ce qui influe sur la mentalité et comment en changer

L’influence de notre éducation

Les bébés arrivent au monde câblés pour l’évolution et l’apprentissage : soif d’explorer le monde, d’apprendre de nouvelles compétences comme la marche et le langage, de découvrir les gens et leur environnement. Même si la plupart des parents, éducateur·ices et personnes en charge de jeunes enfants ont toutes et tous à coeur de contribuer à leur bien-être, leur propre mentalité aura une influence notable sur la mentalité future de l’enfant. 

Nous apprenons par imprégnation

Le premier facteur est que les êtres humains apprennent par imprégnation, en intégrant et reproduisant ce qu’ils perçoivent des gens qui s’occupent d’eux, qui sont alors des modèles pour les enfants. 

Si les modèles sont en mentalité fixe, leur vision du monde est perceptible par leur façon de parler aux autres, de se parler à soi-même, de commenter le monde, de comprendre le talent et l’intelligence, d’utiliser des jugements ou des étiquettes, de réagir face aux difficultés, aux échecs, aux erreurs, aux déceptions.

Tout ceci est rapidement intégré par les enfants, même très jeunes. Et c’est la même chose si les modèles sont en mentalité d’évolution, leurs attitudes sont exemplaires et les enfants s’imprègnent de leur mentalité.

L’importance du feedback…

Le deuxième facteur est celui du feedback que les enfants reçoivent : les feedbacks sont-ils centrés sur l’effort, l’engagement, la persévérance, les enfants sont-iels encouragé·es dans leurs efforts, l’apprentissage est-il valorisé, la joie d’apprendre est-elle stimulée et encouragée, les erreurs sont-elles vues comme des occasions d’apprendre à faire autrement, les essais et les expérimentations (en restant dans des limites acceptables de sécurité bien sûr) sont elles encouragées ?

Ou bien est-ce que les évaluations et feedbacks parlent des talents / incompétences, des qualités / défauts, les réussites des enfants sont-elles ultra-valorisées par des compliments et félicitations, les erreurs sont-elles punies ou jugées ou niées, les productions ou actions sont-elles évaluées par des jugements bien/mal, les émotions positives des parents sont-elles associées à des comprtements jugés « bien », les enfants sont-iels étiquettés avec tout un tas de qualités, de défauts, de notes ou de pastilles vertes et rouges ?

… et du langage

Le langage de la mentalité d’évolution, associé à des adultes-modèles qui sont elleux-mêmes en évolution, va soutenir l’enfant à rester en référence interne pour sa motivation, en étant encouragé·e à chercher en elle ou lui-même le plaisir de l’effort, de l’apprentissage, des challenges, des réussites comme des échecs. Petit à petit, l’enfant devient autonome pour sa motivation à apprendre et évoluer, robuste face aux échecs et  excité·e face aux difficultés, et construit son estime de soi depuis une base interne solide.

Au contraire, le langage fixe des jugements et des étiquettes aura tendance à faire dévier la joie d’apprendre et d’évoluer vers la joie d’être récompensé·e ou félicité·e : le système de récompense devient extérieur et l’enfant n’est pas accompagné·e à être autonome pour trouver en ellui la motivation et la joie d’apprendre. Iel risque d’être dépendant·e de la reconnaissance et de la validation de ses parents, modèles, éducateur·ices et autres adultes prenant soin d’ellui.

A tout âge on peut évoluer

L’être humain est intrinsèquement un être d’évolution, son cerveau est plastique et les changements sont possibles à tout âge. Le seul obstacle est notre mentalité, nos croyances. Si l’on souhaite changer, je vois trois étapes à mettre en oeuvre :

  1. La prise de conscience initiale que j’ai le choix, la reprise de ma responsabilité.
  2. Le passage progressif de la mentalité fixe inconsciente à la mentalité fixe consciente. Autrement dit, la mise en lumière progressive de toutes les zones où j’étais en mentalité fixe sans même le savoir. Pour chaque zone, la prise de conscience me permet de voir les conséquences de ma mentalité fixe et de décider si je souhaite en changer ou pas.
  3. Lorsque je l’ai décidé et que je suis consciente de ma mentalité fixe dans un domaine, passage progressif à la mentalité d’évolution, avec des efforts et de la persévérance.

1. Prise de conscience intiale et reprise de responsabilité.

Même si je suis aujourd’hui en mentalité fixe dans un grand nombre de domaines de ma vie, je peux dès maintenant initier un changement, en prenant conscience que j’ai le choix. 

Si c’est mon choix de rester en mentalité fixe parce que c’est mieux pour moi (plus confortable, plus doux, plus facile ou autre), tout va bien. Grâce à ce que j’ai appris sur les différents types de mentalités, je suis au courant des conséquences et je fais mon choix en conscience. 

Si par contre j’aimerais changer mais que je me dis que je ne peux pas à cause de mon éducation, alors je reste coincée dans mes schémas, je suis victime et dépendante de l’extérieur, je reste fixe. La porte de sortie ici consiste en un réveil (peut-être un peu douloureux) : je suis fondamentalement un être d’évolution. Par conséquent, si je persiste à me croire victime de mon éducation, alors je suis en fait en train de me mentir à moi-même. Je suis en déni de la responsabilité de mon choix de rester en mentalité fixe. 

Ça peut être une prise de conscience douloureuse, donc mieux vaut l’accompagner par un maximum de douceur envers soi (et éviter de se taper dessus avec des jugements, ou accueillir aussi avec douceur les jugements : c’est juste la mentalité fixe qui parle).

Je peux m’exercer ici et maintenant à reformuler ma situation en mentalité d’évolution : « Même si j’ai été éduquée en mentalité fixe, je sais que je suis un être d’évolution. Je sais que ma mentalité aussi peut évoluer. J’ai du pouvoir sur mes croyances. Je peux les changer si j’y mets suffisamment d’énergie, d’engagement et de persévérance ». 

2. Passage progressif à la conscience de ma mentalité fixe.

Cette étape est un travail de repérage, de conscience, d’observation de soi (comportements, habitudes, langage, etc.). Ce n’est pas forcément évident de se voir, notamment dans des comportements ancrés depuis plusieurs décennies. Voici quelques questions qui peuvent soutenir la prise de conscience d’être en mentalité fixe :

  • Faire une liste de mes échecs récents (ou anciens si je n’en vois pas de récents). Comment ai-je géré ? Ai-je abandonné ? Donné des excuses ? Ai-je fui la douleur de l’échec ? Évité de tirer des leçons constructives ? En ai-je déduit des choses sur moi qui n’étaient pas très objectives (défauts, incompétences, difficultés) ? 
  • Faire une liste de mes difficultés actuelles (ou anciennes si je n’en trouve pas). Comment est-ce que je les vis ? Est-ce que j’en déduis des choses sur moi (défauts, incompétences) ? Ou bien est-ce que je me mets des étiquettes ou des jugements (lente, pas douée, fainéante, procrastinatrice, incapable, dépendante, …) ? Ou encore est-ce que je me compare aux autres ? 
  • Regarder les domaines où ça marche bien pour moi, et observer : d’où vient le feu qui me maintient en action ? Est-ce la reconnaissance des autres, les compliments, valorisation ? Ou toute forme de récompense externe, statut, argent, nombre de likes ? Est-ce que je m’estime talentueuse avant tout ou est-ce que j’attribue mon succès à mes efforts et ma persévérance ?
  • Y a-t-il des choses que j’aimerais faire mais que je m’empêche de faire parce que je m’estime pas assez douée (ou tout autre excuse) ? Y a-t-il des risques qu’une part de moi aimerait tenter mais que je ne prends pas par peur de l’échec ou des difficultés ?
  • De quelle manière je me parle au quotidien quand je fais une chose qui me déplait ? (quand je casse une assiette, que j’oublie un rendez-vous, quand je dis une parole blessante, …) Est-ce que je me juge, me critique, me déteste, me culpabilise ou que je m’humilie ? Ou bien est-ce que je rejette la faute sur les autres, que je m’énerve sur une cause extérieure ? Ou encore est-ce que je suis hyper défaitiste sur le fait que je ne changerai jamais ? Finalement, est-ce que les erreurs sont autorisées dans tous les domaines de ma vie ?
  • Idem avec mes proches : comment est-ce que je leur parle ? Comment est-ce que je réagis à leurs erreurs ? Comment est-ce que je les vois ? Comme des êtres d’évolution ou bien comme des statues recouvertes de mes étiquettes et mes jugements ? Et quand je suis contente : ai-je recours aux jugements positifs ? « tu es tellement sympa / accomodante / délicat / gentil / bon cuisinier / la reine du bricolage » ? Est-ce que vous observez des conséquences de cette façon de parler sur les autres ? Est-ce que ça induit quelque chose dans leur comportement ou dans vos attentes ?

Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses à ces questions. Parfois on s’observe en mentalité fixe et on est content·e de ce que l’on voit. Et parfois on n’est pas super content·e mais on se sent un peu démuni·e sur comment faire autrement.

Ce travail d’observation de soi permet la mise en lumière progressive de nos mentalités dans les différents espaces de nos vies. Le mot « progressif » est important ici. En effet, c’est par l’entrainement et la répétition que l’on peut cultiver la capacité à se voir.

Par exemple noter le soir une chose que l’on a faite dans laquelle on repère la mentalité fixe. Ou bien en faisant une séance hebdomadaire d’une heure avec les questions ci-dessus.

Comme pour tout, la capacité à être conscient·e de sa mentalité demande de la persévérance et de l’engagement.

Cela demande aussi beaucoup de douceur. En effet, ces prises de conscience sont parfois douloureuses, notamment quand on en voit les conséquences dans nos vies aujourd’hui.

3. Passage progressif à la mentalité d’évolution.

C’est un peu le travail de toute une vie, de pouvoir retrouver (si on l’a perdue, partiellement ou totalement) la joie d’évoluer, de se lancer dans ce qui nous plait, le goût des difficultés et des challenges, la joie de la persévérance et du courage. 

Pour commencer, il serait sans doute profitable de faire le même travail d’observation de soi que précédemment. Lancez-vous à la recherche des zones où vous êtes en mentalité d’évolution. Les questions sont les mêmes, adaptées à la mentalité d’évolution :

  • Repérer dans mes échecs récents ou anciens si pour certains j’ai été capable de persévérer, sans nier la douleur ni les erreurs, en tirant parti des leçons apprises.
  • Observer si pour certaines zones où j’ai des difficultés j’ai tout de même persévéré.
  • Regarder s’il m’arrive de prendre le risque d’échouer.
  • Rechercher s’il y a des choses dans lesquelles je sais que je n’ai pas de prédispositions a priori, mais qui me font envie, et dans lesquelles je me suis lancée, en acceptant d’être une débutante en apprentissage.
  • Observer si dans mon langage (vers moi ou les autres) il y a des zones où je valorise les efforts plutôt que le talent. Regarder s’il y a des zones où je considère qu’il est normal et acceptable de faire des erreurs. Sentir si je parle (à moi ou aux autres) avec douceur et compassion. Repérer s’il y a des zones où j’ai réussi à décoller une étiquette (soit sur moi parce que j’ai changé, soit sur quelqu’un·e d’autre dont je reconnais l’évolution). 

Tout ce que vous trouverez avec cette exploration vous servira de point d’appui. Vous saurez désormais qu’il y a des domaines où vos croyances et vos habitudes sont au service de votre évolution. Vous pourrez vous appuyer dessus pour trouver des idées ou des ressources pour modifier vos habitudes dans d’autres domaines.

Si vous ne trouvez rien, pas de panique ! Souvenez-vous que vous êtes humain·e comme les autres. Vous avez appris à marcher comme tout le monde, mû·e par l’envie de vous déplacer, par votre curiosité et votre joie. L’évolution fait partie de votre nature et vous êtes né·e ainsi.

Entrainez-vous à ressentir à nouveau cette excitation de la découverte et de l’apprentissage. Choisissez des domaines où vous êtes en totale sécurité, où vous savez que vous aurez le droit de vous tromper. Internet regorge de ressources, et vous pouvez faire ça seul·e, à l’abri du regard des autres.

Pour éviter de vous enfoncer avec votre propre regard et vos jugements, entrainez-vous à vous parler autrement. Parlez-vous comme à un jeune enfant qui apprend à marcher. Avec douceur, en encourageant vos efforts. Célébrez vos erreurs comme des occasions d’apprentissage. Fêtez les réussites et le chemin parcouru.

Une fois que vous avez réussi à trouver au moins une zone dans laquelle la mentalité d’évolution devient accessible pour vous, étendez cette compétence progressivement aux autres domaines que vous avez choisis.

Jour après jour, semaine après semaine, modifiez votre regard, transformez vos jugements, axez votre langage sur l’évolution, changez votre vision des difficultés, et célébrez vos échecs. Et rappelez-vous d’avoir de la douceur pour vos erreurs passées, pour votre mentalité actuelle. Comme pour tout chemin d’apprentissage on va beaucoup se tromper, échouer et avoir des difficultés.

Maintenant, vous savez que les difficultés, les erreurs et les échecs sont des ingrédients essentiels du chemin d’évolution. Comme le dit Michelle Guez, formatrice en Communication NonViolente (CNV) :

« Quand je me plante, je pousse »

Michelle Guez

(Voir aussi une vidéo sur la bienveillance envers soi-même)

Et la CNV dans tout ça ?

Comme vous le savez si vous avez déjà fréquenté un peu mon blog, je suis une grande fan du processus de la Communication NonViolente (CNV), développé par Marshall Rosenberg.

Pour moi la transformation intérieure qu’offre un cheminement de plusieurs années avec la CNV est idéale pour mettre en oeuvre les changements profonds de la sortie de la mentalité fixe. Il me semble que Carol Dweck propose avec d’autres mots le changement de paradigme que la CNV propose aussi.

Personnellement, j’utilise abondamment le processus de la CNV pour mettre en lumière mes croyances, traduire mes jugements, transformer mes culpabilités et mes colères, traverser mes hontes, et construire mon estime de soi sur des bases robustes.

Pour un petit exemple, vous pouvez visiter la page d’Apprentie Girafe qui illustre bien selon moi le lien entre les travaux de C. Dweck et la CNV.

Pour aller plus loin

Je recommande très chaleureusement la lecture de son livre « Changer d’état d’esprit » (en anglais : « Mindset »). La lecture est vraiment super intéressante et motivante, et il y a un nombre incroyable d’exemples inspirants.

Quelques vidéos sur le travail de Carol Dweck :

Autres ressources utiles :


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—Image par David Mark de Pixabay

  1. C’est très intéressant et ça ouvre pas mal de perspectives. Merci pour cette introduction, qui donne envie d’en savoir plus.

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